Prendre la route, parcourir la distance, c'est la démarche qui s'est imposée à Anne-Françoise Schmitz, pour mieux se rapprocher du réel, les yeux rivés sur l'objectif.

Fixer l'horizon, traverser un champ, lire la courbe d'un chemin, saisir le vent et tourner la tête...S'imprégner des couleurs de la ville, y épier les ombres et puis cadrer.

Quand les éléments trouvent un écho dans ses territoires intimes, elle capture, mangeant des yeux la poésie de l'instant furtif qui lui est offert.

Ce théâtre quotidien, elle en devient le témoin oculaire privilégié et nous le partage sans concession.

Ici, la photographie prend tout son sens. Comme on se nourrit de lumière, elle nous révèle la part de ciel que l'on reçoit avec reconnaissance.

                                                                                                       Vincent Meessen-Bovy

 

 

Je travaille mes clichés par thématiques: j'étudie les éléments et leur dialogue avec l'environnement. Que ce soient les paysages d'industrie, les variations d'un même lieu dans le temps, la course du soleil, les villes, notre soif de liberté et sa relation avec la solitude, ou la relation entre les mots et les choses. Les non-lieux et les ruines également me touchent beaucoup. Dans ce qu'ils peuvent avoir de poétique. Parfois, les gens sont l'objet de mes photos aussi...Mais cela est plus rare...Les gens font des guerres et l'arbre reste...

 

Le lien Homme-femme est interrogé sans cesse dans mes nus: la part de féminin chez l'homme, la part de masculin chez la femme, la place que la femme prend par ce qu'elle montre ou ce qu'elle cache d'elle. 

 

Je peux travailler mes photos pour en faire presque des tableaux ou alors les laisser brutes. Lorsque je les travaille comme des tabeaux, le dialogue avec le réel se fait plus ténu. Sans compétition avec lui. Comme on s'échappe dans un souvenir enfoui ou dans le rêve. Comme une émotion, un souvenir un fantasme ou une image mentale cohabitent à côté du monde réel.

 

Lorsque j'ai la chance de voyager, je suis souvent attentive à saisir les lumières magiques des débuts et des fins de journées. 

 

 


 

Elle était jolie,

alignée au soleil,

supportant de la terre sa part d'ombre

et nous offrant sa laiteuse lumière.

Pendant que nos enfants finissent leur nuit

dans les bras chauds de leur lit.

 

 

 

                                                                                                                   © Anne-Françoise Schmitz