Projet en cours

Lors du confinement, en restant si seule et sans proximité ni intimité avec les autres, je sentais comme un effacement de moi-même. Je me suis mise à écrire sur mon visage pour sentir que j'existais. Comme on se tatoue.

 

Claude Lévi-Strauss a dit, dans son livre "Tristes tropiques", en observant minutieusement certaines tribus indiennes d'Amérique du sud: "Il fallait être peint pour être un homme".

Je suis allée à la rencontre des gens. Rencontres fortuites, rencontres programmées. Au fil de celles-ci et en parlant avec chaque personne, je leur ai demandé le symbole, le dessin, les lettres qui les représentaient le plus et qu'elles voulaient voir peints sur leur visage. Un parcours, un événements, une suite de choses qu'elles voulaient voir apparaître sur leur visage et qui pouvaient dire qui elles sont. Alors, après une discussion, parfois très intense, sur un morceau de leur vie, sur leur vision de qui elles sont, je leur ai peint le visage comme parfois les peuples premiers le faisaient.

 

Voici mon langage du portrait, en résonance avec les mots d'Emerson: "Le regard est un magicien naturel. Les communications mystérieuses qui s'établissent entre deux personnes dépassent tout ce qu'on peut imaginer de prodigieux. La communication par le regard est le plus souvent indépendante de la volonté. c'est le symbole réel des affinités de nature. Nous cherchons dans les yeux d'un autre s'il n'est pas un autre nous-même; l'oeil ne ment pas; il est le traducteur véridique de la pensée intime."

I.D.

Dans un monde où de nombreuses actions sont digitalisées, informatisées, où nous nous sommes tous retrouvés derrières nos écrans avec ce confinement, j'ai éprouvé un vif besoin de retourner à quelque chose de basique, de terrien. Presqu'une volonté de retourner dans la grotte.

Aux USA, sur une vieille route perdue dans l'Ouest